LE SYNDROME DE PRADER WILLI

Le Syndrome de Prader-Willi
En savoir plus
Où en est la recherche ?

Actuellement, les chercheurs visent à identifier les gènes responsables du SPW et à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans les manifestations de la maladie afin d'en améliorer le traitement. De nombreux travaux sont en cours pour mieux connaître l'implication des gènes SNRPN et Necdine dans les fonctions de l'hypothalamus, par exemple.
Où obtenir des informations complémentaires ?

Comment entrer en relation avec d'autres malades atteints de la même maladie ?
En contactant les associations de malades consacrées à ce syndrome. Vous trouverez leurs coordonnées en appelant Maladies Rares Info Services au 0 810 63 19 20 (Numéro azur, prix d'un appel local) ou sur le site Orphanet.
Depuis 2004, un Centre de Référence pour le Syndrome de Prader-Willi a été labellisé par le ministère de la santé : Pr M. Tauber – Dr G. Diene (05 34 55 85 55).

Les prestations sociales en France
En France, les personnes, enfants ou adultes, ayant un SPW peuvent bénéficier, si nécessaire, d'une prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale en ce qui concerne le remboursement des frais médicaux. L'hormone de croissance Génotonorm® a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM), et est prescrite comme traitement de l'enfant dont le SPW a été confirmé par un test génétique. Son remboursement est donc pris en charge.
Les familles peuvent obtenir une allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), de même que les adultes ont la possibilité d'obtenir une allocation d'adulte handicapé en faisant un dossier auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Suivant leur état, une prestation de compensation peut aussi être allouée aux malades. Enfin, une carte d'invalidité permet aux personnes handicapées majeures ou mineures dont le taux d'incapacité atteint ou dépasse 80%, ce qui peut être le cas pour le SPW, de bénéficier de certains avantages fiscaux ou de transports. L'orientation vers les établissements spécialisés est également sous le contrôle de la Maison Départementale des personnes handicapées
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:44

LE SYNDROME DE PRADER WILLI

Le Syndrome de Prader-Willi
Vivre avec
Quelles sont les conséquences de la maladie sur la vie familiale, professionnelle, sociale, scolaire, sportive ?

La prise en charge multidisciplinaire permet une intégration scolaire avec parfois un accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire ; l'évolution de la scolarité est variable d'un enfant à l'autre.
L'adaptabilité sociale des personnes atteintes de SPW dépend principalement de l'importance des troubles alimentaires et des troubles du comportement qui rendent souvent difficile l'accès à une vie indépendante. A l'âge adulte, un cadre de vie adapté est souvent nécessaire et permet à la personne atteinte de SPW d'avoir un maximum d'autonomie : favoriser le placement dans un foyer de vie pour les personnes qui ne peuvent s'assumer au niveau des repas et au niveau relationnel, dans un CAT (centre d'aide par le travail) avec foyer d'hébergement. Un emploi protégé en milieu ordinaire de travail avec service d'accompagnement pour les personnes ayant acquis une autonomie suffisante peut être également possible. Une demande de curatelle ou tutelle peut être envisagée.
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:43

LE SYNDROME DE PRADER WILLI

Le Syndrome de Prader-Willi
Le traitement, la prise en charge, la prévention
Existe-t-il un traitement pour cette pathologie ?

Il n'existe pas de traitement qui guérisse complètement les manifestations de ce syndrome car il est d'origine génétique. Cependant la prise en charge multidisciplinaire améliore l'évolution de la maladie et diminue les complications.
La prise en charge du SPW doit être mise en place dès que le diagnostic est confirmé et fait intervenir une équipe médicale pluridisciplinaire
Hypotonie

A la naissance, l'hypotonie entraîne une hospitalisation dans 90% des cas, car l'importance des troubles peut rendre toute alimentation impossible. Il est souvent nécessaire d'avoir recours à un petit tube introduit par le nez ou la bouche jusqu'à l'estomac pour l'alimentation durant les premiers mois de vie (gavage gastrique). L'utilisation de tout autre moyen pour maintenir au maximum une alimentation par la bouche est fortement conseillée : tétines usagées à trous larges ou biberons adaptés (biberons–cuillères) par exemple.
Poids et troubles du comportement alimentaire

Un régime alimentaire adapté est indispensable dès la naissance : au début il permettra d'éviter les carences liées aux problèmes d'alimentation. Par la suite, il permettra de limiter l'apport calorique pour éviter une obésité et devra être maintenu tout au long de la vie. Les enfants qui suivent un régime adapté et ont des activités physiques maintiennent généralement un poids raisonnable.
A ce jour, aucun traitement n'a montré d'efficacité chez les patients présentant un syndrome de Prader-Willi.
Retard de croissance

Un traitement par l'hormone de croissance, et notamment par Génotonorm® (somatropine recombinante), permet d'accélérer la vitesse de croissance, de diminuer la masse graisseuse, d'augmenter la densité osseuse et d'augmenter la dépense énergétique du corps. L'hormone de croissance s'administre par des injections sous la peau (sous cutanées) et sa dose est déterminée par l'endocrinologue ou le pédiatre en fonction du poids de l'enfant. Ce traitement permet également d'améliorer l'agilité et l'activité physique et de rendre l'enfant plus actif.
Actuellement il n'y a pas d'autorisation de mise sur le marché (AMM) chez l'adulte
Retard pubertaire

Un bilan dans un service d'endocrinologie est indispensable afin d'envisager des traitements hormonaux de substitution. A la puberté, ce traitement permet un développement pubertaire complet. Le traitement par la testostérone est réalisé par voie intramusculaire chez le garçon toutes les trois semaines. Chez la fille, le traitement associe oestrogènes naturels et progestatifs.
L'apport de ces hormones peut être maintenu jusqu'à l'âge normal de la ménopause chez la femme (plus tard chez l'homme) et permet de préserver des complications graves que sont la diminution de la densité osseuse (ostéoporose) et les problèmes cardiaques.
Autres manifestations

Chez le garçon, si les testicules sont restés en position abdominale, une chirurgie dite d'abaissement testiculaire permettra de les redescendre dans les bourses. Cette intervention doit se faire si possible avant l'âge de 2 ans.
Les lésions de grattage doivent toujours être surveillées car des risques de surinfection sont possibles. Parfois elles nécessitent des soins dermatologiques adaptés voire des autogreffes de peau.
Quels sont les risques du traitement ?

Le traitement par hormone de croissance entraine une augmentation de la vitesse de croissance ; il faut donc d'autant plus surveiller le dos à la recherche d'une scoliose qui peut se majorer. La surveillance orthopédique doit donc être plus fréquente. Ce traitement doit être bien surveillé car il peut favoriser l'augmentation du taux de sucre dans le sang et augmenter le risque de diabète. Le bilan glucidique doit donc être particulièrement surveillé.
L'administration conjointe de testostérone et de médicaments anticoagulants doit être fortement surveillée si elle est indispensable, la testostérone ayant tendance à augmenter l'effet anticoagulant de ce dernier, entraînant dès lors un risque hémorragique.
Quelles sont les autres modalités de traitement de cette maladie ?

Le problème de comportement alimentaire est dû à un dysfonctionnement de l'hypothalamus. Il est donc difficilement contrôlable par les enfants qui sont en quête de nourriture en permanence. L'entourage doit être vigilant et exercer un contrôle permanent sur leur alimentation et sur l'accès à la nourriture pour éviter le développement d'une obésité. Cette surveillance vis-à-vis de la nourriture est généralement indispensable, même à l'âge adulte.
Un soutien psychologique est-il souhaitable ?

Les enfants atteints de SPW sont confrontés à de nombreuses frustrations et éprouvent une grande culpabilité quand ils n'arrivent pas à contrôler leur comportement alimentaire et leurs accès de colère. Un soutien psychologique leur permettant d'extérioriser leurs sentiments et à verbaliser leurs émotions peut leur procurer un soulagement. Un soutien psychologique est également nécessaire pour l'entourage des enfants atteints de SPW. Le contrôle alimentaire indispensable et permanent est souvent source de conflit et favorise les accès de colère qui sont parfois difficiles à gérer du point de vue psychologique par l'entourage.
Comment faire suivre son enfant ?

De l'enfance à l'âge adulte, un environnement familial et médical attentif aux éventuelles difficultés et apportant le soutien nécessaire permet un développement optimal. Le suivi dépend de l'âge mais reste toujours pluridisciplinaire. Dans l'enfance, une équipe composée du pédiatre endocrinologue, du généticien, du kinésithérapeute, d'un orthophoniste, d'un psychologue ou d'un pédopsychiatre et d'un diététicien est nécessaire pour une prise en charge optimale. Chez l'adulte l'équipe multidisciplinaire sera composée du médecin traitant, d'un endocrinologue, d'un psychiatre, d'un kinésithérapeute, d'un psychologue, d'un diététicien et autres intervenants selon l'évolution.
Poids et troubles du comportement alimentaire

Une modification du comportement alimentaire de toute la famille est souvent conseillée afin de faciliter le suivi du régime par l'enfant atteint du SPW. Le contrôle de l'alimentation nécessite parfois de rendre inaccessible l'accès à la nourriture. Une éducation alimentaire précoce est nécessaire : éviter autant que possible voire éliminer complètement les sucreries, les aliments gras et hypercaloriques. L'eau doit être la seule boisson de la soif. Ces restrictions n'entravent en rien la qualité de l'alimentation à donner. Favoriser la dépense énergétique par la pratique de sport et une activité régulière est également nécessaire. Ces mesures sont à poursuivre toute la vie et représentent le point capital de la prise en charge.
Hypotonie

L'hypotonie est améliorée par une stimulation adaptée et notamment, grâce à des séances de kinésithérapie ou de psychomotricité plusieurs fois par semaine. Un appareillage, et plus particulièrement un siège moulé, peut être proposé si l'importance de l'hypotonie le justifie.
Développement et comportement

Un bilan orthophonique est souhaitable et la prise en charge doit être assurée avant même l'apparition du langage pour augmenter le tonus des muscles de la face et du palais. La rééducation orthophonique permettra de corriger les troubles du langage, d'améliorer l'articulation et de réduire les troubles de la déglutition, de la mastication et de l'apprentissage. La mise en place précoce de méthodes d'aide à l'apprentissage améliore les capacités globales et les acquisitions des enfants.
Les troubles du comportement (colère, agressivité voire des troubles plus graves) sont difficiles à contrôler. Parfois des traitements antidépresseurs sont prescrits mais les effets ne sont pas toujours satisfaisants. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (famille de médicaments utilisés dans d'autres maladies comme la dépression) peuvent être utiles.
Autres manifestations

Les déformations de la colonne vertébrale (cyphose et scoliose) sont prises en charge par un orthopédiste ; des séances de kinésithérapie peuvent être prescrites ainsi que le port d'un corset. Cependant, l'importance de l'obésité ou l'aggravation de la scoliose peut rendre difficile voir impossible cette prise en charge standard et le recours à la chirurgie peut s'avérer nécessaire.
Le port de bas de contention ou la réalisation de drainage lymphatique est utile en présence d'une accumulation anormale de lymphe (lymph½dème).
Un suivi régulier par un ophtalmologue est nécessaire pour la recherche de problème oculaire tel qu'une myopie ou un strabisme.
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:42

LE SYNDROME DE PRADER WILLI

Le Syndrome de Prader-Willi
Les aspects génétiques
Quels sont les risques de transmission aux enfants ?

Dans la majorité des cas, le SPW est sporadique. Le risque d'avoir d'autres enfants porteurs du SPW pour un couple ayant déjà eu un enfant atteint dépend de la nature de l'anomalie génétique trouvée chez ce dernier.
Dans le cas d'une disomie uniparentale d'origine maternelle et dans la majorité des cas dus à une délétion, et s'il a été prouvé que celles-ci sont de novo par examens des chromosomes, le risque est très faible, de l'ordre de 1%.
Le risque est plus élevé s'il s'agit d'une délétion présente dans le centre d'empreinte du chromosome 15 (anomalie d'empreinte) ou dans un cas particulier et très rare de délétion (délétion due à une translocation équilibrée présente chez l'un des parents), le risque de transmission à un autre enfant peut alors atteindre 50%.

Dans le cas exceptionnel d'une grossesse survenant chez une personne atteinte, le risque de transmission de la maladie dépend de l'anomalie génétique présente :
- Dans le cas d'une délétion, un homme atteint de SPW a un risque sur deux de transmettre la maladie à ses enfants. Une femme à un risque sur deux d'avoir un enfant atteint du syndrome d'Angelman. Le syndrome d'Angelman est aussi lié à une anomalie du chromosome 15 et est concerné par le phénomène d'empreinte parentale. Dans ce syndrome, ce sont les gènes maternels qui ne s'expriment pas et les manifestations de la maladie sont complètement différentes du SPW.
- Dans le cas d'une disomie uniparentale, les enfants d'une personne atteinte de SPW n'ont pas plus de risque que la population générale d'être également malades.

Quel que soit la situation, une enquête familiale réalisée par un médecin généticien est conseillée, pour une évaluation précise du risque.
Peut-on faire un diagnostic prénatal ?

Les couples ayant eu un enfant atteint du SPW peuvent bénéficier, lors d'une grossesse ultérieure, d'un diagnostic prénatal s'ils le souhaitent, bien que le risque de survenue d'un autre cas est généralement très faible.
Lorsqu'il n'y a pas d'antécédents familiaux, le diagnostic prénatal est généralement fait par hasard lors d'une amniocentèse réalisée pour une autre cause, pour âge maternel élevé ou lors du calcul de risque d'autres anomalies chromosomiques par dosage des marqueurs sériques ou mesure de la clarté nucale. Un diagnostic prénatal peut également être proposé en cas de mouvements f½taux diminués et/ou d'un excès de volume du liquide amniotique (hydramnios).
Le diagnostic prénatal consiste à rechercher l'anomalie génétique sur les villosités choriales (constituants du trophoblaste qui proviennent uniquement du foetus) après biopsie de trophoblaste, à l'origine du placenta, à 12 semaines d'absence de règles (aménorrhée) ou sur les cellules amniotiques prélevées par amniocentèse (ponction du liquide dans lequel se développe le f½tus) à 16 semaines d'aménorrhée. Ces examens comportent un risque faible de fausse couche, différent selon le choix de la ponction, qu'il convient de discuter en consultation de génétique au préalable.
Quels sont les risques pour les autres membres de la famille ?

Les frères et s½urs du malade qui n'ont pas le SPW, n'ont pas plus de risque que la population générale d'avoir des enfants atteints par ce syndrome.
# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:42

LE SYNDROME DE PRADER WILLI

Le Syndrome de Prader-Willi
Le diagnostic
Comment fait-on le diagnostic du syndrome de Prader-Willi ?

Le diagnostic est évoqué sur des signes cliniques très différents en fonction de l'âge : hypotonie en période néonatale, obésité avec retard statural pendant l'enfance et l'adolescence, troubles du comportement évocateurs. Deux démarches diagnostiques sont reconnues :
- La 1ère démarche consiste à confirmer le diagnostic de SPW, sans préjuger de sa cause, par une étude de la méthylation de la région 15q proximale (par biologie moléculaire). Dans un deuxième temps, le recours à des examens spécifiques (hybridation in situ en fluorescence ou FISH pour la délétion, marqueurs microsatellites pour la disomie et les mutations d'empreinte), permettent de préciser le mécanisme moléculaire de la maladie dans la famille concernée.
- La 2ème démarche débute par une étude en cytogénétique (FISH) plutôt que par la biologie moléculaire. Dans les situations de délétions, rencontrées dans plus de 2/3 des cas, cette approche permet simultanément d'établir définitivement le diagnostic et de préciser le mécanisme moléculaire sous jacent. Néanmoins il faut compléter la recherche en cas de négativité devant un tableau clinique évocateur.
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:41